Le Contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie, de 1943 au tournant des années 1980 - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Ouvrages Année : 2012

Le Contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie, de 1943 au tournant des années 1980

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Résumé

The book attempts to explain how and why football became, between the 1940s and 1970s, a key cultural phenomenon in Italian society. Starting from the literary example of the epic battle between the two rival football clubs in classic 1952 French-Italian comedy Le Petit Monde de Don Camillo - don Camillo's “la Gaillarde” and Peppone's “Dynamo” - the following hypothesis is formulated: in the post-war period, football became the Italian national sport par excellence because it was the main outlet for the expression of the political sphere in the peninsula. The conclusion is that this sport has indeed been the stage of a spectacular battle between the Catholics and christian-democrats on the one side, and the communist and socialist left on the other. In the line of a social history of the political sphere, the study focuses on the different forces involved in this battle, including the masses of worshipers and football fans and the elites, through a prosopographical study. We first look at the Church elites – Pius XII was nicknamed the Pope of sports; then at the secular elites: for instance Enrico Berlinguer, then the young Secretary General of the Communist Youth around 1950, and Giulio Andreotti, seven times re-elected President of the Council, who began his career as a deputy State Secretary in charge of, amongst other things, sports. Giulio Andreotti once declared that throughout his life he had professed a double faith: God and the AS Roma. The book highlights the organization, social integration and consensus building strategies pursued by Italy's main two post-war political movements. If the Catholics won the battle, on this field as on many others, it was because they could rely on an organization that was better structured, both materially and culturally. Mass practice of football in Italy is therefore deeply marked by the Catholic project: it channels the catholic Church's and christian-democrat movement's religious (going to mass before the game), moral (exaltation of the virtues of the collective), social (inter-classism) and political influence. Politics also contributed to shaping the emerging mass culture of football and to construct a range of new urban identities. This research envisages political history as global and aims to articulate together religious, urban, social and cultural dimensions. Football finally reveals Italy's tight and singular articulation between mass and political culture.
L’ouvrage tente d’expliquer comment et pourquoi le football est devenu, entre les années 1940 et les années 1970, un phénomène culturel central dans la société italienne. À partir d’un exemple littéraire qui a connu un succès planétaire, celui du combat épique entre la Gaillarde de don Camillo et la Dynamo de Peppone, est formulée l’hypothèse suivante. Dans l’après-guerre, le football serait devenu le sport national par excellence parce qu’il a constitué un lieu essentiel de la manifestation du politique dans la péninsule. Le travail aboutit à une conclusion : ce sport a bien constitué l’un des lieux les plus spectaculaires de l’affrontement entre catholiques et démocrates-chrétiens d’une part, gauche communiste et socialiste d’autre part. Dans la tradition d’une histoire sociale du politique, l’attention se porte sur les différents acteurs de cette lutte, qu’on pense aux masses de pratiquants et de supporters, ou encore aux élites, par le biais d’une étude prosopographique. Élites ecclésiastiques, tout d’abord – Pie XII était ainsi surnommé le Pape des sportifs ; élites laïques, ensuite : à l’image par exemple d’Enrico Berlinguer, alors jeune secrétaire général des jeunesses communistes vers 1950 et de Giulio Andreotti, sept fois président du Conseil, qui commença sa carrière politique comme sous-secrétaire d’État, en charge, entre autres, du sport. Giulio Andreotti, l’« inoxydable », qui a déclaré avoir professé, au cours de son existence, une double foi : Dieu et la Roma. Le livre éclaire ainsi les stratégies d’encadrement, d’enracinement social et de fabrication du consensus des deux principaux mouvements politiques italiens de l’après-guerre. Si les catholiques l’ont emporté, sur ce terrain comme sur bien d’autres, c’est parce qu’ils pouvaient s’appuyer sur une organisation générale plus structurée, matériellement et culturellement. La pratique de masse du football en Italie est ainsi profondément marquée par le projet catholique : il s’agit d’une imprégnation religieuse (la messe avant le match), morale (l’exaltation des vertus du collectif), sociale (l’interclassisme) et politique dans le cadre du mouvement catholique au sens large et du parti démocrate-chrétien pour les plus militants. Le politique a également contribué à modeler une culture de masse du football en plein essor et à construire, par ce biais, de nouvelles identités urbaines. La recherche met donc en œuvre une histoire politique qui se veut globale, articulant étroitement les dimensions religieuses, urbaines, sociales et culturelles. Au bout du compte, le football éclaire l’articulation étroite et singulière qui s’opère en Italie entre culture de masse et culture politique.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-00730501 , version 1 (10-09-2012)

Identifiants

  • HAL Id : hal-00730501 , version 1

Citer

Fabien Archambault. Le Contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie, de 1943 au tournant des années 1980. École française de Rome, 349, 655 p., 2012, Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 978-2-7283-0929-0. ⟨hal-00730501⟩
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