Zeus Hélios Megas Sarapis, un dieu égyptien 'pour les Romains - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Chapitre D'ouvrage Année : 2011

Zeus Hélios Megas Sarapis, un dieu égyptien 'pour les Romains

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Résumé

La figure divine de Zeus Hélios Megas Sarapis, attestée pour la première fois en Égypte à l’époque de Trajan, connut sous Hadrien et les Antonins un succès exceptionnel dans l’idéologie impériale. Elle apparaît comme l’illustration de l’harmonie des hommes et des dieux que parvient à réaliser l’Empire, à l’image du dieu composite Sarapis et de la ville cosmopolite dont il est le protecteur, Alexandrie. Cette figure est bien documentée par le corpus épigraphique du Haut Empire mais demeure difficile à saisir, car on sait d’elle peu de choses hormis son nom. L’origine et les modalités de l’élaboration du dieu, la spécificité de cette forme par rapport au dieu alexandrin, son éventuelle iconographie, les pratiques cultuelles qui lui étaient associées posent d’importantes difficultés. Le dieu alexandrin Sarapis est une divinité composite au fonds théologique à l’origine égyptien et à l’iconographie grecque. Se détachant peu à peu de son ancêtre égyptien memphite, Osor-Apis, Sarapis est apparu à Alexandrie dès l’époque hellénistique comme l’interpretatio graeca d’Osiris et c’est, nous semble-t-il, cette interpretatio graeca qui a servi de point de départ à l’élaboration de la figure divine nouvelle de Zeus Hélios Megas Sarapis. Ce Sarapis solaire fut rapproché à l’époque de Trajan de Zeus Hélios, lui-même perçu comme l’interpretatio graeca d’Amon-Rê. Cette fusion de Zeus Hélios et du Sarapis solaire alexandrin semble s’être faite en contexte alexandrin, comme incitent à le penser une statuette de Sarapis trônant, rayonnant à l’instar d’Hélios et accompagné de l’animal emblématique de Zeus, l’aigle. C’est sous cette forme que les soldats de la garnison d’Alexandrie, cantonnés à Nicopolis, entre Alexandrie et Canope, semblent avoir adoré le dieu alexandrin. Or, la ville était la base principale des forces légionnaires en Égypte ; elles séjournaient en détachement dans les points stratégiques et commerciaux du territoire. C’est probablement d’Alexandrie qu’a été diffusée la figure de Zeus Hélios Megas Sarapis, par le réseau des unités militaires envoyées en détachement depuis Nicopolis. Dans un milieu où le culte impérial était le premier culte pratiqué, l’adoration d’une divinité particulièrement appréciée de l’Empereur devait faire partie des marques d’allégeance privilégiées. Dans ce cas précis, l’emprunt à la culture gréco-romaine d’une iconographie et d’un nom fournit à une identité culturelle et religieuse égyptienne des moyens d’expression et de diffusion nouveaux. Les élites sacerdotales égyptiennes semblent avoir fait un usage conscient de cet hellénisme, au point qu'il est possible d’envisager, de la part du clergé d’Alexandrie, une démarche délibérée d’acclimatation de Sarapis aux attentes romaines et la diffusion d’une forme de Sarapis « pour les Romains ».
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Origine : Publication financée par une institution

Dates et versions

hal-00765133 , version 1 (17-11-2016)

Identifiants

  • HAL Id : hal-00765133 , version 1

Citer

Gaëlle Tallet. Zeus Hélios Megas Sarapis, un dieu égyptien 'pour les Romains. Nicole Belayche & Jean-Daniel Dubois. L'oiseau et le poisson : cohabitations religieuses dans les mondes grec et romain, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, pp.227-261, 2011, 978-2-84050-800-7. ⟨hal-00765133⟩
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