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Chapitre d'ouvrage

Images de l'ailleurs et rejet du nomadisme dans les feuilles volantes du XVIIe siècle germanique

Résumé : Le public urbain du premier XVIIe siècle est avide des nouvelles et des récits que lui procurent ces médiateurs de l'ailleurs, de l'étrange et de l'étranger, que sont les littérateurs, les journalistes et les colporteurs. L'élargissement du monde connu a favorisé le développement exponentiel des publications " géographiques " et cosmographiques. Tandis que le genre apodémique s'adresse aux élites urbaines et curiales, à tous ceux qui voyagent par obligation sociale, commerçants, nobles et lettrés adeptes du Grand Tour ou de la perigrinatio academica, les gens de peu, souvent analphabètes, se contentent du voyage par l'imagination, aiguisée en particulier par les estampes à la montre des crieurs de rue. Les feuilles volantes illustrées sont le principal medium, le vecteur de masse du " voyage en chambre ". Ces Relationes généralement illustrées, récits utopiques et fantastiques, comptes rendus de batailles ou relations viatiques, sont placardées dans les auberges et les maisons. Plus qu'une invitation au voyage, elles en sont le substitut. Elles satisfont autant la curiosité du sédentaire qu'elles le confortent dans sa position. Les moralistes adeptes du quiete non movere fustigent la dangerosité de la mobilité et la relativisation des valeurs qu'elle entraîne. Dans le même temps, la disciplinarisation sociale et la territorialisation absolutistes - " la mise au travail et l'immobilisation de tous " (D. Roche) - font croître la méfiance populaire à l'égard de ces picaros décriés que sont les journalistes comme de tous les acteurs de la mobilité, médecins et marchands itinérants, gens de théâtre ou mendiants. La contribution étudie la médiatisation ambivalente, dans les feuilles volantes illustrées allemandes, du voyage et de l'ailleurs et l'attirance/répulsion que ceux-ci exercent sur les spectateurs-lecteurs. On observe en particulier comment le traitement naguère positif du chronotope du voyage et de l'errance disparaît au profit de sa fonctionnalisation apotropaïque comme symbole de l'inconstance et de la Fortune. En outre, l'imagerie militante tourne l'homo viator en dérision. Les protestants raillent ainsi l'exil en Hollande du Réformé Frédéric V de Palatinat, les Jésuites ubiquistes ou le rituel catholique du pèlerinage. L'exilé rejoint le pérégrin, le pèlerin et le processionneur dans une même condamnation.
Type de document :
Chapitre d'ouvrage
Liste complète des métadonnées

https://hal-unilim.archives-ouvertes.fr/hal-00829834
Contributeur : Florent Gabaude <>
Soumis le : lundi 3 juin 2013 - 21:51:57
Dernière modification le : mardi 17 avril 2018 - 23:26:02

Identifiants

  • HAL Id : hal-00829834, version 1

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Citation

Florent Gabaude. Images de l'ailleurs et rejet du nomadisme dans les feuilles volantes du XVIIe siècle germanique. Desroches-Viallet Patricia. Construction de l'identité dans la rencontre des cultures chez les auteurs d'expression allemande. II. Le voyage immobile / Die bewegungslose Reise, Publications de l'Université de Saint-Étienne, pp.241-256, 2009. ⟨hal-00829834⟩

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