"Spiel und Liebe in Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau von Stefan Zweig"

Résumé : On a souvent reproché à Stefan Zweig de pratiquer de la " paralittérature ". Effectivement, il raconte ici une passionnante et un peu rocambolesque histoire d'amour, se terminant de façon édifiante par le châtiment du vice, en l'occurrence la mort du joueur. Pourtant, on rencontre également une critique des schémas classiques du genre, et en particulier de la thématique de la conversion. La littérature de gare exploite le motif de la métamorphose, de l'amendement du pécheur sous l'influence d'une femme animée d'un pur dévouement. Ce dypthique, homme perverti et femme pure et sacrificielle, constitue le pivot préféré du roman populaire. Or, Zweig tourne ici en dérision une telle équation, pour lui substituer le principe de réalité. Il démontre l'absurdité de la vision angélique de la femme, salut de l'homme, pour souligner la solitude humaine à travers une analyse percutante de la passion présentée sous les deux formes de l'amour et du jeu, se rejoignant par leur caractère dévastateur et aliénant, par l'addiction qu'elles induisent. Il établit également un constat pessimiste sur l'inutilité de la pitié et et la difficulté d'aider un un être souffrant d'addiction. Les efforts déployés par Mrs C... n'ont servi qu'à retarder quelque peu l'échéance du suicide. Cependant, si cette aventure a traumatisé Mrs C..., elle lui a également apporté une connaissance de la vie et des êtres qu'elle n'avait pas auparavant; elle lui a même procuré pendant ces vingt-quatre heures des sensations et un bonheur ignorés jusque là. Elle a davantage vécu pendant ce court laps de temps que pendant sa vie entière. Zweig utilise donc la forme de la nouvelle d'une part à des fins psychologiques, pour brosser sous une forme concentrée et frappante des types humains, opposer divers caractères, et surtout délivrer un message humain, une sagesse de vie. Il se refuse à toute moralisation manichéenne. Il ne condamne pas la passion, même s'il en décrit les ravages. Il en souligne toute la dangereuse ambiguïté: elle fait sortir les individus de la voie balisée et commune, mais elle leur procure des émotions inoubliables.
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Contributeur : Aline Le Berre <>
Soumis le : samedi 28 décembre 2013 - 21:40:05
Dernière modification le : mercredi 28 février 2018 - 17:06:03

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Aline Le Berre. "Spiel und Liebe in Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau von Stefan Zweig". Philippe Wellnitz. Das Spiel in der Literatur, Frank & Timme, pp.237-253, 2013, 978-3-86596-521-9. ⟨hal-00922618⟩

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