Feu de bonne mémoire : piété et notoriété chez les Parisiens de Saint-Germain l'Auxerrois au XVe siècle et au début du XVIe siècle

Résumé : Quiconque visite une église remarque souvent les traces de l'existence d'êtres disparus mais qui ont laissé derrière eux, sous forme d'armes gravées dans la pierre ou de noms lisibles sur une dalle funéraire, le souvenir de leur vie passée. De ce fait, une église est souvent un monument donnant l'impression d'avoir été habité et de l'être encore. Ces traces d'existence laissent aussi méditer sur la vanité de ceux qui, au delà de leur existence, ont voulu laisser au futur la marque de leur renommée, tant ces traces sont parfois ténues et difficiles à déchiffrer. L'église Saint-Germain l'Auxerrois de Paris, fondée au VII e siècle sur la rive droite de la Seine et devenue le centre de la plus vaste paroisse de la capitale au Moyen Âge, fut un lieu de vie pour des milliers de personnes durant cette période, qu'elles appartiennent au clergé canonial qui la dirigeait ou aux paroissiens qui y pratiquaient leur religion. À l'époque moderne, Saint-Germain symbolisait même le renom car elle abritait les tombes des artistes les plus célèbres 1. De manière plus générale, l'église fut longtemps riche de monuments funéraires de très belle facture mais dont les historiens de la capitale déploraient déjà la disparition presque totale au XIX e siècle 2. Cela s'explique par les avatars habituels que connaissent les bâtiments anciens mais aussi par le fait que Saint-Germain, paroisse royale, fut terriblement saccagée lors d'une émeute qui éclata à cause du service funèbre célébré en l'honneur du duc de Berry en février 1831 3. La chaire fut fracassée, le banc d'oeuvre cassé, les vitraux brisés, les tombeaux violés et la sacristie dévastée. Avant que l'église ne soit restaurée à partir des années 1840, des fragments de pierres tombales disparurent encore et des plaques de cuivre armoriées furent détachées des cercueils qu'elles ornaient. Et pourtant, la collégiale abritait jusqu'à cette date de nombreuses traces du renom de Parisiens qui y affichèrent leur statut social, la place qu'ils avaient eue dans la paroisse et qui tenaient à ce que leur patronyme puisse être identifié et reconnu au delà de leur appartenance à une collectivité. Ils utilisèrent pour cela des supports très divers mais qui avaient tous en commun la qualité d'être pérennes afin que ces marques subsistent le plus longtemps possible. La confrontation des sources écrites et des sources archéologiques permet de confirmer ce qu'écrivent les auteurs anciens. Les traces de la notoriété des plus notables habitants de Saint-Germain se lisent dans l'église actuelle qui date pour sa majeure partie du XV e siècle. Les relevés effectués par les érudits du XVIII e siècle ont permis de reconstituer un épitaphier 4 de l'église qui complète avec grand profit les quelques inscriptions qui subsistent encore. Mais ce sont les sources écrites par les principales instances de l'église 5 , particulièrement au XV e siècle, qui fournissent 1 BOINET (A.), Les églises parisiennes (Moyen Âge-XVIII e siècle), t. I, Paris, Éditions de Minuit, 1958, 524 p., p. 274. L'auteur donne la liste de ces artistes aux p. 274-275. 2 GUILHERMY DE (M. F.), Inscriptions de la France du V e siècle au XVIII e siècle , t.
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Temporalités, revue du CERHILIM (Centre de recherche historique de l'Université de Limoges), PULIM, 2004, Temporalités, Cahiers du CERHILIM, 1, p. 13-24
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Contributeur : Anne Massoni <>
Soumis le : mercredi 13 décembre 2017 - 19:00:36
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Anne Massoni. Feu de bonne mémoire : piété et notoriété chez les Parisiens de Saint-Germain l'Auxerrois au XVe siècle et au début du XVIe siècle. Temporalités, revue du CERHILIM (Centre de recherche historique de l'Université de Limoges), PULIM, 2004, Temporalités, Cahiers du CERHILIM, 1, p. 13-24. 〈hal-01374243〉

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