[argumentaire] Réaliser et communiquer le changement - Métamorphose et métissage littéraires. : Colloque international, du 8 au 10 octobre 2015 , à la FLSH de l'Université de Limoges.

Abstract : Réaliser et communiquer le changement Colloque international et pluridisciplinaire Université de Limoges Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Organisé par l’équipe EHIC, en collaboration avec FRED et OMIJ Du 8 au 10 octobre 2015 La crise fait appel à des changements, à de nouvelles formes d’expression, à des réformes. Comme le note Edmund Husserl : « Les nations européennes sont malades, l’Europe elle-même est, dit-on, en crise. Nous ne manquons ici en aucun cas de médecins dits naturels. Nous sommes même vraiment submergés par un flot de propositions naïves et exagérées de réformes ». Or la notion de « réforme » est située à la charnière d’une dialectique qui s’exprime en plusieurs notions antagoniques comme celles de « tradition et innovation », de « tradition et révolution », de « révolution et restauration » ou de « révolution et évolution ». Par le biais de l’idéologie, le discours réformateur peut être aussi celui d’une rupture qui – par définition – irait à l’encontre de son message initial : le maintien de l’objet auquel il se réfère. Or, s’il s’agit d’un système complexe, comme c’est le cas pour toute civilisation ; un tel système dispose toujours d’une « marge de contingence » (Luhmann) : les différents domaines ou microsystèmes qui le constituent peuvent subir des changements, voire des ruptures, sans pour autant porter atteinte à son identité. C’est notamment le cas dans le domaine de l’art qui connaît des changements dans le système des genres et dans l’ensemble des procédés artistiques, sans pour autant perdre son statut en tant qu’art – même face au défi des avant-gardes dites historiques. Ainsi, le formalisme russe, préconise-t-il un modèle dynamique où, par l’interaction de certains éléments, les microsystèmes créent une « série » (Tynjanov). En sciences humaines, Foucault a mis en lumière de nouvelles discursivités normatives, prononcées par des instances de pouvoir qui occupent une place assignée dans l’ordre du discours. Les travaux pluridisciplinaires du colloque seront organisés autour de quatre axes : (1) Rupture, avènement, rénovation politiques. Un des grands discours de crise constitue l’eschatologie apocalyptique : la vision de l’imminence de la fin de l’Histoire. Or, l’apparition de l’ère baroque et des temps modernes allait de pair avec un nouveau concept de l’État cherchant à barrer le cours de l’Histoire marqué par les schismes, les guerres de religion et les frondes. Toute action politique présuppose désormais un prince souverain dans la mesure où celui-ci respecte l’ordre – de la cité terrestre – instauré par Dieu. Entre rupture et avènement, la souveraineté se veut et se pense comme une puissance d’équilibre. Notamment, on constate dans les drames du baroque et du classicisme un parcours initiatique à la suite duquel le prince s’affirme comme souverain à l’issue d’un « état d’exception » (Schmitt, Benjamin, Agamben). D’une part, avec la philosophie de l’Histoire au XVIIIe siècle et surtout avec la Révolution, l’eschatologie (apocalyptique) redevient une catégorie de la philosophie politique. C’est la pensée de la Restauration (Bonald et de Maistre) qui en relève le défi. Toutefois, avec l’ère du progrès, le traumatisme qu’il cause donne lieu à une riche production littéraire à caractère apocalyptique. D’autre part, avec le charisme, Max Weber appréhende la grande force rénovatrice des époques entièrement soumises à une tradition transformée en pouvoir bureaucratique (cf. aussi Sennett). Au contraire, une société pré-rationaliste (Lévi-Strauss dira « primitive »), qui ne connait pas de changement à travers le renouvèlement cyclique, est-elle privée d’histoire ? (2) Espaces nouveaux : découverte, innovation, aventure. Depuis la découverte du Nouveau Monde, les grands changements s’effectuent aussi dans l’espace : il s’agit d’une réorganisation géopolitique suite aux grandes découvertes qui vont de pair avec une perfection des instruments nautiques, de la cartographie et finalement des moyens de communication et de transport. À l’apogée de la révolution industrielle, le changement est mesuré en innovations scientifiques, seules garantes d’un mouvement illimité dans un espace considéré désormais comme fini. L’aventure providentielle des chevaliers dans le roman courtois du Moyen Âge cède à l’aventurier-explorateur, pionnier de la mondialisation. (3) Identité versus hybridation dans la Cité. Les nations en émergence ne connaissent pas la polis comme référence identitaire : leurs villes sont des zones et leurs peuples vivent en marge de l’Histoire (Lévi-Strauss). Tout effort politique et économique pour améliorer la situation se voit annihilé aussitôt. L’entropie prend alors le dessus, dans les villes du « nouveau monde » ainsi que dans les zones périurbaines du « monde ancien ». En revanche, la politique de ce Grand palais de cristal qui désigne, selon le philosophe Sloterdijk, l’« intérieur du capital », est dictée par les lois de l’économie. Tout en réclamant le respect de l’État de droit et des droits de l’Homme, la nouvelle méga-polis abstraite prône des réformes censées garantir le libre échange des capitaux ; elle récuse donc le discours identitaire des nations émergentes. Même la pensée postcoloniale finit par en être ébranlée : le monde est de plus en plus administré à la manière d’un seul et unique espace, et la (géo-) politique se transforme en une « politique intérieure mondiale ». En somme, les grandes « réformes » sur le plan international paraissent donc sceller un nouvel ordre qui demande à repenser nos identités en mouvance. (4) Métamorphose et métissage littéraires. L’imaginaire du changement, à travers la question de la métamorphose, hante la littérature au moins d’Ovide à Kafka. Le changement est alors perçu tantôt comme une genèse (généalogie divine retracée par Ovide), tantôt comme une régression (Gregor Samsa), c’est-à-dire tantôt comme fécond métissage, matrice ontologique métaphore de la création artistique et de l’expression littéraire, tantôt comme avènement d’un monstre sur fond d’incommunicable et d’étrangeté au monde, de rapport à l’altérité, au différent, à autrui. Plus généralement, les croisements d’auteurs, les interférences ou appropriations intertextuelles, les transformations stylistiques, les transferts d’une langue à une autre… font de la littérature une œuvre par excellence de métamorphose poiétique et la rendent intrinsèquement métisse. http://www.fabula.org/actualites/realiser-et-communiquer-le-changement-colloque-international-et-pluridisciplinaire_69485.php http://www.unilim.fr/ehic/2015/07/01/realiser-et-communiquer-le-changement-colloque-8-10-octobre-2015/
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Argumentaire de colloque. 2015
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Contributeur : Till Kuhnle <>
Soumis le : lundi 28 novembre 2016 - 16:44:30
Dernière modification le : mercredi 28 février 2018 - 17:06:03

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Till Kuhnle. [argumentaire] Réaliser et communiquer le changement - Métamorphose et métissage littéraires. : Colloque international, du 8 au 10 octobre 2015 , à la FLSH de l'Université de Limoges.. Argumentaire de colloque. 2015. 〈hal-01404448〉

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