L'ART DE BIEN MOURIR

Résumé : La mort est un traumatisme le plus souvent difficile à élaborer, même lorsqu'elle concerne des per-sonnes très âgées. La confrontation au deuil de soi, la révolte face au stress, la souffrance face à la sépa-ration définitive des êtres aimés, le marchandage et enfin le rangement à la réalité constituent des étapes de transition du mourant bien étu-diés par M me Kübler Ross. L'accom-pagnement de ceux qui demeurent en vie et qui doivent traverser le deuil est une chose. L'accompagnement du mourant en est une autre, et nous allons voir qu'il ne s'agit pas d'un processus récent. Nous l'examine-rons à partir d'un détour sur l'icono-graphie du moyen-âge. LE «DIT» DES TROIS VIFS ET DES TROIS MORTS Le « Dit » est un court texte qui apparaît dès le XII e siècle et se répand aux XIII e et XIV e dans l'Europe Occiden-tale. Comme son nom l'indique, il désigne un genre qui n'était pas des-tiné à être chanté et dont les conventions n'ont rien à voir avec celles du lyrisme courtois. Tant sur le plan for-mel que thématique, le « Dit » peut prendre des formes multiples. À par-tir du XIII e-XIV e siècle, le « Dit » évoque parfois un genre littéraire plus vaste, prenant souvent la forme d'un monologue ou d'un dialogue, en vers ou en prose, dont l'intention est tour à tour didactique, morale ou même burlesque. Entre dans cette catégo-rie le «Dit des trois morts et des trois vifs » (vers 1280) de Baudouin de Condé. Le «Dit» des trois vifs et des trois morts est une famille de textes brefs dont la rédaction s'étale dans le temps du XII e siècle au XVI e siècle et dans l'espace dans toute l'Europe occidentale. La source de ce « Dit » ou de la légende des trois vifs et des trois morts est probablement l'Orient. Quant aux premières illustrations connues en Occident, les « Rencontres » peintures qui illus-trent les «Dits», elles proviendraient probablement d'Espagne et d'Angle-terre. Les plus vieux manuscrits connus remontent au XIII e siècle : ce sont des poèmes de Baudoin de Condé, de Nicolas de Margival ainsi que de deux auteurs inconnus. À ses débuts la légende est relativement simple : trois cadavres (des ecclé-siastiques) se tiennent sur le che-min de trois vivants (un duc, un comte et un prince). La durée, la permanence du thème au cours de quatre siècles, la diffusion géogra-phique dans l'Europe Catholique témoignent de l'importance de ce « Dit » au plan traditionnel comme au plan éthnologique. Au cours du XVI e siècle les danses macabres com-mencent à se développer dans l'ico-nographie des peintures ou des sculptures des Eglises ou dans les enluminures. Les représentations des «Dits» et des danses macabres La préparation individuelle à la mort est apparu au moyen-âge sous la contrainte des guerres et des épidémies. Un détache-ment progressif de la religion est observé, parallèlement avec une banalisation de la mort dans le quotidien.
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Contributeur : Philippe Thomas <>
Soumis le : samedi 29 septembre 2018 - 12:26:35
Dernière modification le : lundi 25 février 2019 - 15:00:11
Document(s) archivé(s) le : dimanche 30 décembre 2018 - 12:16:24

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Philippe Thomas. L'ART DE BIEN MOURIR. La Revue francophone de gériatrie et de gérontologie, MF, 2007. ⟨hal-01877113⟩

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