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Diderot et la promenade philosophique. Paris, Langres, Bourbonne, La Haye

Résumé : Odile Richard-Pauchet On voudrait montrer dans cette communication comment, depuis la Promenade du Sceptique (1747) jusqu'à son récit de Voyage à Bourbonne et à Langres (1770), en passant par Le Neveu de Rameau, La Promenade Vernet et certains articles de l'Encyclopédie, une préoccupation secrète, partout, toujours, anime le philosophe Diderot et se traduit en écriture : associer l'espace, la vie et la pensée ; se répandre en parole dans un cadre extérieur, s'y retrouver soi-même comme être pensant. Être au monde et à soi. Développer ses idées en marchant de concert, et se retirer du monde pour rêver à ses amours, à ses proches, à la difficulté d'être philosophe, au mystère de l'existence. En d'autres termes, le philosophe matérialiste a toujours fait appel aux lieux et aux êtres vivants pour développer sa réflexion : chez lui, le topos possède bien un double sens : objet, mais aussi lieu de réflexion, appartenant à tous : un lieu commun. L'interlocuteur, le compagnon de promenade pour nourrir le dialogue est souhaité ; mais la solitude, à l'occasion, pourra en tenir lieu. Diderot, c'est l'anti-Descartes : il lui faut quitter la robe de chambre, sortir du poêle-ou du grenier qui lui sert de bureau-pour aller vérifier ses hypothèses sur le terrain, les confronter avec une parole amie et antagoniste. Diderot est avant l'heure un « impressionniste », au sens fécond, de la pensée : il lui faut sortir, affronter le monde réel, peindre sur le motif, livrer ses impressions qui sont autant de propositions philosophiques. Nous évoquerons d'abord des oeuvres de jeunesse comme La Promenade du sceptique, où déjà l'appel de l'extérieur se fait sentir, où une topologie comme stratégie d'écriture se met en place, faisant le lien entre le dedans et le dehors de la pensée. Puis nous évoquerons de vraies promenades, au cours desquelles Diderot développe non seulement une sociabilité conforme à son époque, mais aussi, ce qui est plus nouveau, une exigence de solitude au sein même de cette sociabilité, ainsi qu'une prédilection pour les lieux frais, quasi sauvages, et les eaux vives. Enfin nous verrons que cette exigence de mouvement se mue, avec l'âge, en une aptitude à la contemplation : la promenade se fait immobile, pourvu que la rêverie puisse se déployer dans un espace infini, qui satisfasse l'agilité et l'insatiabilité de la pensée.
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Contributeur : Odile Richard-Pauchet <>
Soumis le : lundi 20 avril 2020 - 12:52:19
Dernière modification le : mardi 21 avril 2020 - 16:36:22

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Odile Richard-Pauchet. Diderot et la promenade philosophique. Paris, Langres, Bourbonne, La Haye. S. Lefay (dir.). Se promener au XVIIIe siècle, Rituels et sociabilités, Classiques Garnier, p. 237-248, 2019, ⟨10.15122/isbn.978-2-406-08766-3.p.0237⟩. ⟨hal-02488744⟩

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