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Diderot et ses ‘contes drolatiques’ dans les Lettres à Sophie Volland : entre burlesque et pathétique, une forme autorisée de l’écriture de soi

Résumé : Diderot et ses 'contes drolatiques' dans les Lettres à Sophie Volland : entre burlesque et pathétique, une forme autorisée de l'écriture de soi. Si l'on voulait ne serait-ce qu'illustrer, à défaut d'épuiser la question du romanesque dans l'oeuvre épistolaire de Diderot-notamment ses lettres à Sophie Volland-on serait tenté de s'en tenir à la lecture d'un conte épistolaire, d'un seul conte : aussi aimerais-je, en guise de préambule, citer ici l'un de mes contes favoris (l'un des plus drôles, ou les plus drolatiques 1) tiré d'une lettre à Sophie Volland du 30 novembre 1765, et que j'intitulerai : Histoire du frère Côme et de son cadavre Voici une histoire qui s'est passée à ma porte, et qui n'est pas tout à fait de la même couleur 2. Le lieu de la scène est à [l'hôpital de] la Charité. Le frère Côme avait besoin d'un cadavre pour faire quelques expériences sur la taille 3. Il s'adresse au père infirmier. Celui-ci lui dit, Vous venez tout à temps ; il y a là, n°46, un grand garçon qui n'a plus deux heures à aller.-Deux heures, lui répond le frère Côme ; ce n'est pas tout à fait mon compte. Il faut que j'aille ce soir à Fontainebleau, d'où je ne reviendrai que demain au soir sur les sept heures au plus tôt.-Eh bien ! cela ne fait rien, lui dit l'infirmier ; partez toujours ; on tâchera de vous le pousser. Le frère Côme part. L'infirmier s'en va à l'apothicairerie et ordonne un bon cordial pour le n°46. Le cordial fait à merveille. Le malade dort cinq à six heures. Le lendemain, l'infirmier s'en va à son lit. Il le trouve sur son séant, toussant et crachant librement ; presque plus de fièvre, plus d'oppression, pas le moindre mal de côté. Ah père, lui dit le malade, je ne sais ce que vous m'avez donné, mais vous m'avez rendu la vie.-Tout de bon ?-Rien n'est plus vrai. Encore une potion comme celle-là, et je suis hors d'affaire.-Oui, et le frère Côme, lui, qu'en dira-t-il ?-Que dites-vous du frère Côme ?-Rien, répondit l'infirmier en se frottant le menton avec la main et tout à fait contristé, décontenancé.-Mais, père, disait le malade, vous faites la mine. Vous voilà comme si vous étiez fâché de ce que je vais mieux.-Non, non, ce n'est pas cela.
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Contributeur : Odile Richard-Pauchet <>
Soumis le : lundi 20 avril 2020 - 12:29:21
Dernière modification le : mercredi 22 avril 2020 - 14:24:45

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Odile Richard-Pauchet. Diderot et ses ‘contes drolatiques’ dans les Lettres à Sophie Volland : entre burlesque et pathétique, une forme autorisée de l’écriture de soi. Sylviane Albertan-Coppola et Nadège Langbour (dir.),. Diderot et le roman hors du roman,, Sté Diderot, p. 39-51, 2017, Coll. L'Atelier, 978-2-9543871-2-3. ⟨hal-02490112⟩

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