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"Les premières lettres de Diderot dans les Lettres Sophie Volland : hypothèses d'un incipit revu et corrigé par l'auteur"

Résumé : Colloque Brest, « Premières Lettres ». On a beaucoup glosé sur l'incipit de la correspondance de Diderot avec sa maîtresse Sophie Volland (échangée entre 1759 et 1774), et sur cette lettre du 11 mai 1759 dont la mention numérotée laisse supposer qu'une moitié de correspondance a déjà été échangée et a été probablement détruite : 187 lettres de Diderot demeurent, 134 auraient déjà été adressées à Sophie, dont on ne possède pas les « réponses », détruites elles aussi probablement. Cette lettre qui nous intéresse, nous l'appelons volontairement incipit par analogie avec un début de roman, car nous pensons qu'elle a pu intentionnellement être choisie dans cet esprit par l'auteur, sinon par les éditeurs successifs. Elle débute ainsi : (Paris, le 11 mai 1759) Ce vendredi matin. « Nous partîmes hier à huit heures pour Marly. Nous y arrivâmes à dix heures et demie. Nous ordonnâmes un grand dîner ; et nous nous répandîmes dans les jardins dont la chose qui me frappa, c'est le contraste d'un art délicat dans les berceaux et les bosquets, et d'une nature agreste dans un massif touffu de grands arbres qui les dominent et en forment le fond. Cet incipit est bien narratif (l'élément pertubateur de la narration traditionnelle est présent, nous plaçant in medias res : « Nous partîmes hier à huit heures pour Marly ») mais il est aussi descriptif, situant ensuite les personnages dans un milieu significatif : « la chose qui me frappa, c'est le contraste d'un art délicat dans les berceaux et les bosquets… »). Il comporte nombre d'ingrédients en tous points romanesques que nous détaillerons plus loin. Toutefois, et c'est l'essentiel de notre propos, avant d'étudier notre principale hypothèse, il faut en examiner d'autres. Aussi souhaitons-nous proposer une modeste méthodologie et tenter de dresser une typologie des « premières lettres », en particulier des premières lettres d'amour et des débuts de correspondances complètes, inachevées ou tronquées, comme celle-ci ; puis nous nous livrerons à la dissection de cette étrange première lettre, début d'un roman épistolaire vécu avant que d'être écrit. Dans cette brève méthodologie, nous envisageons 3 cas : 1/ Tantôt la « première lettre » d'une correspondance publiée fait l'objet d'une décision du scripteur : c'est réellement le choix de deux individus, amis, proches, inconnus, de s'écrire ; l'un se lance, parfois en proposant d'emblée un pacte épistolaire : « et si l'on s'écrivait ? » Une première lettre naît de cette décision ou de cette impulsion. Elle pourra servir de frontispice à la correspondance publiée (MITTERRAND), comportant des indices de choix en
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https://hal-unilim.archives-ouvertes.fr/hal-02491143
Contributeur : Odile Richard-Pauchet <>
Soumis le : lundi 20 avril 2020 - 11:19:09
Dernière modification le : mercredi 29 avril 2020 - 16:17:24

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Les premières lettres de Did...
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  • HAL Id : hal-02491143, version 1

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Odile Richard-Pauchet. "Les premières lettres de Diderot dans les Lettres Sophie Volland : hypothèses d'un incipit revu et corrigé par l'auteur". Alain Kerhervé, Catherine Thomas-Ripault (dir.), First Letters, Cambridge Scholars Publishing, p. 147-162, 2020. ⟨hal-02491143⟩

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