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Coronavirus : un appel à maintenir les gestes barrières en Limousin

Résumé : Distanciation, port du masque, lavage des mains : avec la crainte d’un rebond des cas de Covid-19, les « tubes » de l’été 2020 sont moins légers que les années précédentes. Alors que la période estivale est synonyme de relâchement, l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine et les spécialistes préconisent la vigilance. Barbecues, sorties entre amis, restaurants, visites touristiques… Cette année, les vacances d’été ne vont pas rimer avec insouciance et les occasions de divertissement ou de partage devront s’accompagner de précautions. Certes, l’épidémie est en pleine décrue, le nombre de tests positifs dans les départements limousins est dérisoire sur les trois dernières semaines et la Nouvelle-Aquitaine reste relativement épargnée, laissant croire à l’éloignement de la menace. Mais l’apparition de foyers de contamination, comme en Corrèze la semaine dernière (lire ci-dessous), fait office de piqûre de rappel et l’abandon, ici et là, des gestes barrières interpelle. La Haute-Vienne, en veille et en étude sur le front de l'épidémie de Covid-19 Une campagne au ton décalé Car le Covid-19 est toujours là, et les déplacements estivaux risquent de favoriser sa circulation. L’agence régionale de santé a lancé une campagne pour sensibiliser les Néo-aquitains au maintien des gestes barrières. Une campagne de communication au ton volontairement décalé. Exemple sur la distanciation sociale, le message a été décliné en fonction du département. En Haute-Vienne, un mètre est égal à... 9 tasses en porcelaine (ou 10 pour les maladroits). En Corrèze, c'est l'équivalent de 8 cèpes avec une précision : « merci de dévoiler les coins cueillette pour la mesure ! ». Enfin, en Creuse, il s'agit de 7 parts de gâteau creusois. Et ailleurs, il est question d'huîtres, de canelés, de châtaignes... [#COVID19] La distanciation pour les chauvins...euh...on veut dire : pour tous ceux qui sont fiers de leur département. Dans notre belle région, 1 mètre est égale à ??? https://t.co/JsNfbHOTqd ?? Faisons bloc contre le coronavirus : coquillages??, crustacés??...& GESTES BARRIERES pic.twitter.com/N7vUTcRefD — ARS Nouvelle-Aquitaine (@ARS_NAquit) July 2, 2020 Des fondamentaux à redire « On a le sentiment qu’il faut redire les fondamentaux, remarque Pierre-Marie Preux, professeur d’épidémiologie à l’université de Limoges. Le virus est très transmissible par voie aérienne. La voie manuportée est plus limitée qu’on ne l’a cru à un moment donné. C’est pour cela que dans les espaces clos et climatisés, la distanciation physique n’est pas suffisante. Il faut mettre un masque. Le porter dans la rue, une fois dehors, après l’avoir délaissé à l’intérieur manque de cohérence, mais ce sont des comportements que l’on constate. » Autre idée à garder à l’esprit : « la transmission du virus dans 50 % des cas se fait par des porteurs asymptomatiques, qu’on ne détecte pas, ou pré-symptomatiques ». Il suffit donc d’une personne en apparence en bonne santé pour en infecter d’autres. De quoi éviter toute velléité de se faire la bise encore un petit moment… La question n’est pas de savoir s’il y aura une deuxième vague, mais quand... « Le virus circule toujours, poursuit le spécialiste limougeaud. On fait certes moins de tests chaque jour en France que prévu : 200.000 contre 700.000. Mais 1,3 % sont positifs et ce n’est pas rien… Il y a tous les jours de nouveaux clusters et quand on regarde le fameux taux de propagation, le “R zéro”, qui indique le nombre de personnes pouvant être contaminées par un malade, il remonte. Légèrement peut-être, mais il ne faudrait pas que cela échappe à tout contrôle. » Pierre-Marie Preux ne souhaite pas jouer les trouble-fête de l’été. « Si le dispositif mis en place pour casser les chaînes de transmission fonctionne, comme cela semble être le cas actuellement, l’été ne devrait pas être catastrophique. Je n’ai pas de boule de cristal pour la rentrée. Cependant, avec la reprise du travail et l’arrivée de l’automne, cela s’annonce plus difficile et la question n’est pas de savoir s’il y aura une deuxième vague, mais quand… » « Ne pas penser que tout cela est fini » Et de regarder au-delà de nos frontières, en citant deux pays de l’hémisphère sud, en hiver, l’Australie et l’Afrique du sud, particulièrement touchés. « Aux États-Unis et en Amérique du Sud, c’est la première vague qui est à l’œuvre et il y a des pays qui ont fait ce qu’il fallait en termes de confinement où ça repart, comme l’Espagne. » Pour l’épidémiologiste, « il ne faut pas penser que tout cela est fini et qu’on est en sécurité ». « Avec ce coronavirus, on ne sait pas trop où on va mais au début, on s’est tous plantés en estimant qu’il était assez inoffensif. Si dans 85 % des cas, les formes sont bénignes, 15 % sont graves et 5 % mortelles… » Un rappel pas inutile, en ces temps ensoleillés mais toujours incertains. Comment profiter de l’été en Nouvelle-Aquitaine sans trop se relâcher face au Covid-19 Hélène Pommier En Corrèze, le foyer de contamination sous contrôle S'il fallait une preuve de la nécessité de ne pas se relâcher, c'est la Corrèze qui l'apporte, avec le « cluster » de Brive apparu la semaine dernière. Une situation sous contrôle avec l’application du protocole national : « repérer, tester, isoler ». Le trentenaire, dépisté positif après quelques symptômes (maux de tête), a entraîné trois séries de tests. Dans son milieu professionnel, dans un club de tennis et auprès des vingt-deux personnes ayant participé à une soirée privée le 27 juin à Brive. « Quatre personnes ont été décelées positives, rappelle Sophie Girard, directrice départementale de l’agence régionale de santé (ARS). En identifiant les cas contacts, nous sommes remontés à soixante personnes - et une zone géographique élargie - qui ont été isolées et feront l’objet d’un deuxième test à sept jours. » Sophie Girard se veut malgré tout rassurante : « plus personne n’est hospitalisé en Corrèze et il n’y a plus de patient en "réa" depuis plusieurs semaines. On est clairement dans un repli de l’épidémie ». Le préfet rappelle que les facteurs de risque sont « les rassemblements privés, les milieux professionnels comme les abattoirs ou la population des saisonniers agricoles » lorsque ces derniers sont hébergés dans des logements collectifs souvent petits. Frédéric Veau insiste sur les mesures de distanciation nécessaires. « Faire une fête chez soi, ce n’est pas interdit mais il faut rester prudent. Si on veut profiter de l’été, on ne se relâche pas. » Durant la période estivale, l’ARS et ses partenaires devraient proposer en Corrèze une dizaine de rendez-vous d’information et de dépistage Covid gratuit, proposés au public, « sur des lieux touristiques passants ». Le programme est en cours d’élaboration.
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Contributeur : Elisabeth Grelier <>
Soumis le : vendredi 25 septembre 2020 - 08:42:18
Dernière modification le : samedi 26 septembre 2020 - 03:12:05

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Pierre-Marie Preux. Coronavirus : un appel à maintenir les gestes barrières en Limousin. 2020. ⟨hal-02948740⟩

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